Écouter ce matin l’humoriste Mareshal Zongo – Nestor Gole de son vrai nom – m’a fait du bien car cette fois-ci il n’était pas question de comédie mais d’un sujet grave, de notre avenir à nous, les Africains.
Zongo a parlé avec ses tripes, il a parlé sans langue de bois, il n’a pas regardé à droite et à gauche avant de s’exprimer, il ne s’est pas demandé si les encagoulés viendraient le chercher avant de s’adresser aux Africains. Il a dit ce qu’il pense sincèrement. Il a parlé comme les hommes qui croient vraiment à ce qu’ils disent. De ce point de vue, il n’a rien à voir avec Tiken Jah Fakoly et Alpha Blondy. Le premier disait: « ça va faire mal quand l’Afrique sera unie. » Aujourd’hui, il n’est guère gêné de moquer et de pourfendre les pays de l’AES qui se sont mis ensemble pour marcher sur leur propre chemin. Après avoir chanté en 1988 « Armée française, allez-vous-en de chez nous. Nous ne voulons plus d’indépendance sous haute surveillance », le second n’a pas été choqué par l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire en 2010-2011.
Zongo, lui, n’a pas deux bouches. Il n’est ni opportuniste ni incohérent. Le sang du tribalisme et de la cupidité ne coule pas dans ses veines.
Mais qu’a-t-il dit de si important, notre Mareshal Zongo, pour que je lui consacre quelques lignes ? Il a dit deux choses.
Primo, que nous devons être nous-mêmes, être fiers de nous-mêmes, ne pas chercher à plaire aux autres. Il l’a illustré par un exemple précis : porter le costume et la cravate en pleine chaleur est tout simplement ridicule et insensé.
Secundo, que nous ne devons pas avoir peur de prendre notre destin en main. C’est effectivement la peur qui pousse les Nègres de maison à trahir leurs frères qui ont décidé de se mettre debout. C’est la peur qui oblige certains Africains à s’agenouiller devant des vauriens qui en 66 ans ne nous ont apporté que le chaos et la misère. C’est la peur qui fait que régulièrement ils se rendent à Paris. C’est la peur de la faim qui est à l’origine du retournement de veste de ceux qui vilipendaient Alassane Ouattara hier.
Cette peur irrationnelle, cette peur que rien ne peut justifier, elle n’existe ni chez Zongo ni chez les dirigeants de l’AES ni chez les jeunes qui ont fait trembler la France, ces dernières semaines. L’Afrique doit s’affranchir de la peur. Un Nazaréen avait dit autrefois à ses disciples : «N’ayez pas peur ! »
Jean-Claude Djéréké
