À chaque rentrée scolaire, la question des ouvrages scolaires revient avec son lot de difficultés pour de nombreux parents d’élèves.
Entre les différentes éditions proposées pour une même classe et la disponibilité variable des livres dans les librairies, l’acquisition de l’ensemble des ouvrages inscrits au programme peut rapidement se transformer en véritable parcours du combattant.
Pour constituer les fournitures scolaires de leurs enfants, certains parents sont contraints de parcourir plusieurs librairies avant de réunir l’ensemble des manuels demandés.
Un ouvrage peut être disponible dans une librairie, tandis qu’un autre, pourtant destiné à la même classe, n’est accessible que dans un autre point de vente. Une situation qui complique davantage la préparation de la rentrée scolaire et alourdit les dépenses des familles.
Cette situation pose également la question de la multiplication des éditions et des ouvrages retenus pour les différentes classes. Pour les familles ayant plusieurs enfants scolarisés, la facture peut rapidement devenir importante.
À cela s’ajoutent les autres dépenses liées à la rentrée, frais de scolarité, uniformes, fournitures, transport et restauration.
Harmoniser les programmes et les éditions
Face à ces difficultés récurrentes, une réflexion pourrait être engagée sur la politique de programmation des ouvrages scolaires.
Une meilleure harmonisation des programmes et des éditions retenues pour les différentes classes pourrait permettre aux parents de mieux anticiper leurs dépenses et de faciliter l’accès aux manuels scolaires.
Il fut un temps où certains ouvrages pouvaient être conservés et réutilisés pendant plusieurs années, notamment au sein d’une même famille. Cette possibilité permettait aux parents ayant plusieurs enfants de réduire leurs dépenses et de mieux gérer leur budget consacré à la scolarisation.
Aujourd’hui, la multiplication des éditions et le renouvellement fréquent de certains manuels interrogent de nombreux parents d’élèves.
Sans remettre en cause la nécessité d’actualiser les contenus pédagogiques lorsque cela est justifié, une politique permettant de limiter les changements non indispensables pourrait contribuer à alléger la pression financière qui pèse sur les familles.
Une réflexion nécessaire
L’accès aux manuels scolaires constitue un élément important de la réussite éducative.
Il apparaît donc nécessaire de réfléchir à des mécanismes permettant de rendre les ouvrages plus accessibles, disponibles et financièrement supportables pour les familles.
Le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation pourrait ainsi envisager une concertation avec les acteurs concernés, éditeurs, libraires, établissements scolaires et associations de parents d’élèves afin d’examiner les difficultés rencontrées sur le terrain.
La rentrée scolaire ne devrait pas être, pour les parents, une course d’une librairie à une autre à la recherche des ouvrages inscrits au programme. Une meilleure organisation de la programmation, de l’édition et de la distribution des manuels scolaires pourrait contribuer à rendre cette période moins éprouvante pour les familles, particulièrement celles qui ont plusieurs enfants à scolariser.
Adou Évariste Journaliste et Analyste Politique
