La candidature de l’ancien Président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) suscite des divisions au sein de l’Union Africaine. Alors qu’il aspire à cette haute fonction internationale, il ne bénéficie pas encore du soutien officiel de son pays ni de celui de l’ensemble des chefs d’État africains, dont plusieurs furent pourtant ses homologues durant de nombreuses années.
La politique africaine gagnerait à être davantage humanisée afin d’éviter une telle situation pour une personnalité qui a servi son pays au plus haut niveau de l’État. Aujourd’hui, Macky Sall souhaite mettre son expérience au service de la communauté internationale afin de contribuer à la promotion de la paix, du développement et de la coopération entre les peuples.
L’histoire récente offre pourtant des exemples inspirants.
En 2000, lors de la création de l’Union Africaine, le Président Laurent Gbagbo avait soutenu la candidature de son compatriote Amara Essy, ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères et haut cadre du PDCI-RDA.
Au regard de son expérience, de son parcours et de son profil, Laurent Gbagbo avait estimé qu’Amara Essy était le mieux placé pour diriger cette Institution continentale. Au-delà des considérations partisanes, il avait privilégié l’intérêt de la Côte d’Ivoire et porté personnellement sa candidature.
De même, l’actuel Président du Kenya a récemment proposé un de ses opposants politiques pour une haute fonction au sein de l’Union Africaine.
Ce choix démontre que, lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts supérieurs de la nation et du continent, les divergences politiques doivent parfois s’effacer devant l’intérêt général.
Lorsqu’un dirigeant est élu Président de la République, il devient le Président de tous les citoyens, et non uniquement de ses partisans. C’est pourquoi les grandes décisions doivent toujours tenir compte de l’image, du prestige et du rayonnement du pays.
Macky Sall n’est pas une personnalité ordinaire. Avant son élection à la présidence de la République du Sénégal, il a occupé plusieurs hautes fonctions de l’État et acquis une solide expérience des affaires nationales et internationales. En le recevant récemment, le président Bassirou Diomaye Faye a fait preuve de hauteur de vue.
La sagesse africaine semble avoir pris le pas sur les clivages politiques.
À la suite de cette rencontre, il serait souhaitable que les autorités sénégalaises apportent un soutien officiel à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire Général de l’ONU.
Cela pourrait se traduire par une déclaration publique, la mise en place d’une équipe de campagne diplomatique, l’envoi d’émissaires auprès des chefs d’État africains et des partenaires internationaux, ainsi que des démarches auprès de la présidence de l’Union Africaine afin de favoriser un consensus autour de cette candidature.
L’Afrique gagnerait à parler d’une seule voix.
Une candidature africaine forte et consensuelle renforcerait le poids du continent sur la scène internationale.
Fort de son expérience et de sa connaissance des grands enjeux mondiaux, Macky Sall pourrait apporter une contribution importante à la tête de l’ONU.
Son parcours constitue un atout pour accompagner les réformes dont cette organisation a besoin afin de répondre aux défis contemporains, renforcer son efficacité et mieux prendre en compte les aspirations des peuples, notamment celles de la jeunesse africaine, qui attend beaucoup des institutions internationales.
Adou Évariste Journaliste Analyste Politique
