Le continent africain semble détenir le record Guinness de la longévité au pouvoir. Robert Mugabe, ancien président du Zimbabwe, a quitté le pouvoir par un coup de force, à plus de 90 ans. Paul Biya continue d’écrire l’histoire camerounaise, au sommet de l’Etat, à 93 ans. La Côte d’Ivoire dont le premier président Félix Houphouët-Boigny est mort au pouvoir à 88 ans n’échappe pas à la gérontocratie, système politique et social dominé par des vieillards, selon le dictionnaire de l’académie française en ligne.. De l’avis général le parti Démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA) était le parti considéré comme un creuset de la gérontocratie. Il était rare, voir impossible que la jeune génération occupe des postes de responsabilité. Avant son décès brutal en Août 2023, Henri Konan Bédié, le successeur du premier président ivoirien, tant à la tête de l’Etat qu’à la présidence du PDCI-RDA s’est accroché au fauteuil de la présidence du PDCI-RDA jusque dans sa 89e année. La transmission générationnelle reste un vœu pieux sur les bords de la lagune Ebrié. Alassane Ouattara a semblé traduire en acte sa parole de transmettre le pouvoir aux jeunes, avant de revenir sur sa parole au décès tout aussi brutal de Gon Coulibaly, le candidat désigné de son parti à l’élection présidentielle de 2020. Contre vents et marées, le 4e mandat en est la preuve, il s’accroche au pouvoir à plus de 80 ans. Bien malin celui celui qui pourra dire de façon certaine que l’ancien banquier ne sera pas dans la course à l’élection présidentielle de 2030. Le bon élève de la démocratie ivoirienne, Laurent Gbagbo, vient d’être élu à la tête de son parti à plus de 80 ans. Tout porte à croire que diriger des partis ou même l’Etat en Côte d’Ivoire est une affaire d’octogénaires. Tout le contraire de la France qui reste le miroir, du fait de la proximité héritée de la colonisation. Là-bas, des quadras comme Emmanuel Macron dirige un Etat nucléaire comme la France. Des trentenaires comme Jordan Bardela ou Gabriel Attal dirigent des partis politiques. Entendons-nous bien. Ces lignes ne visent pas à dénier aux personnes d’un certain âge de conduire les destinées d’un groupe d’autres personnes.si tel était notre intention, le cas du président américain Donald Trump battrait en brèche notre raisonnement. Mais là-bas les institutions sont tellement fortes qu’elles constituent des digues qui empêchent le président étasunien de sortir du lit de la démocratie. C’est seulement un plaidoyer pour que nos partis ou nos Etats fassent la promotion de la démocratie, en créant des organes ou des institutions forts et indépendants. Le fait est que trop souvent le pouvoir absolu sans contre-pouvoir démocratique conduit les potentats locaux à se déifier au point de broyer les ambitions des plus jeunes sous le fallacieux prétexte de manquements aux textes ou àla discipline du parti ou à la loi. Le débat contradictoire, carburant des idées fécondes, est absent au profit du clientélisme ou du népotisme. Il est temps, grand temps que cesse le culte de la personnalité, si nous voulons que nos sociétés progressent.
Tché Bi Tché
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