Zouan-Hounien / Forêt classée de Krozialeu : Des personnalités entretiennent le flou

0 1 891

Il se passe des choses dans la forêt classée de Krozialeu, dans le département de Zouan-Hounien, à l’ouest de la Côte d’Ivoire. A l’affiche, des paysans désemparés, le sous-préfet central et les Directions régionales des Eaux et Forêts et de la Société pour le Développement des Forêts (Sodefor)

 

Horizontal custom

Sur invitation du sous-préfet central de Zouan-Hounien, une rencontre d’échanges avec les populations incriminées devait avoir lieu, le jeudi 13 juillet 2023, dans les locaux de la Préfecture. Le jour du rendez-vous, votre journal, Les Sentinelles d’Abidjan (lessentinelles.info), toujours aux aguets, était présent. Mais, contre toute attente, il s’est avéré que la réunion a été reportée sine die. Quelles en sont les raisons ? lessentinelles.info, pour apporter de la lumière là où il fait sombre, a interrogé ses sources bien introduites. Il ressort que les organisateurs de la séance, prétextant de l’absence du préfet du département de Zouan-Hounien, Dao Moussa, ont annulé l’entrevue prévue avec les planteurs de la forêt classée de Krozialeu. Or, le lendemain, Vendredi le 14 juillet 2023, le gouverneur Dao Moussa a présidé une cérémonie de remise de diplômes et de permis de conduire d’engins sur les sites miniers à 16 jeunes, à Ity, un village de Zouan-Hounien. L’argument donc de la non présence du préfet qui justifierait le report du colloque tient faiblement.

 

Des acteurs clés de la gestion des forêts classées mis à l’écart

 

Au regard du flou qui entoure la réunion convoquée par le sous-préfet central de Zouan-Hounien, l’on s’interroge sur les intentions réelles du haut administrateur. D’autant plus que celui-ci n’a pas convié la Sodefor, à qui revient la compétence de la gestion des forêts classées, aux pourparlers avec les occupants du terrain ci-dessus indiqué. Assurément, comme rapporté par des infiltrés, ni le directeur régional de la Sodefor basé à Man, ni son représentant en fonction à Danané, du reste, l’homme de terrain, n’étaient de la partie. En revanche, selon les indiscrétions, le directeur régional des Eaux et Forêts du bureau de Man, devait tenir compagnie au sous-préfet central de Zouan-Hounien à cette assemblée. Tout de même, des zones sombres amènent à se gratter la tête. Ces deux personnalités semblent mijoter un coup !

 

Arrestations abusives, extorsions de fonds, menaces, chantages sont les lots quotidiens des paysans

 

Les mis en cause déplorent les abus dont ils sont victimes. A les entendre, des individus ordinaires ou en tenue leur rendent visites. Ces derniers, soi-disant, agir au nom de certaines autorités administratives ou des officiers, leur exigent des biens en numéraire et / ou en nature.  » Ils nous demandent de payer ou de donner quelque chose pour qu’ils voient leurs  »chefs » afin que ceux-ci interviennent pour faire échouer les actions de reboisement dans nos champs ou empêcher la destruction de nos plantations. Il arrive que des nôtres soient arrêtés, menottés voire bastonnés devant femmes et enfants, avant d’être conduits vers des destinations souvent inconnues. Pour payer leur liberté, il faut débourser d’énormes sommes d’argent. Ces émissaires des  »patrons » n’hésitent pas à menacer d’abattre nos cacaoyers si le montant exigé n’est pas versé. », témoignent des paysans rencontrés en brousse. A l’analyse des propos, ces intermédiaires font croire aux cultivateurs que le programme de Planting d’arbres est une manœuvre de la Sodefor pour les chasser des réserves naturelles. Ce qui explique les tensions fréquentes entre les agents de la Société en charge des forêts et des exploitants agricoles.

 

Un officier de la Sodefor apporte de l’eau au moulin

 

Au dire du haut gradé en charge du dossier, c’est à tort que des populations rurales se mettent en branle, obnubilées par des personnes tapies dans l’ombre. Le Planting d’arbres n’est nullement dressé contre qui que ce soit. Au demeurant, il urge de restaurer le couvert forestier ivoirien. D’ailleurs, poursuit le Commandant de la zone, les mesures ont été atténuées tenant compte des enjeux économique et social. Sinon, sous d’autres cieux, à Guizreu par exemple, des fermiers récalcitrants ont vu leurs champs détruits pour y planter des arbres.  A Sangouiné, dans le département de Danané, il y a eu des déguerpissements, rappelle un interlocuteur. Des signaux forts qui feraient prendre conscience, sans doute, aux occupants de la forêt classée de Krozialeu à faire contre mauvaise fortune bon cœur le reboisement.

 

Kpess Kasa Kibaru

 

Correspondant régional

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

13 + 16 =

WP2Social Auto Publish Powered By : XYZScripts.com