Zouan-Hounien / Criminalité transfrontalière organisée : Les villages frontaliers de l’ouest de la Côte d’Ivoire appelés à une franche collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ivoiriennes, gage d’une sécurité renforcée à la frontière

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Le Commissariat de police mixte du département de Zouan-Hounien a organisé une rencontre avec les populations des villages frontaliers de son ressort territorial pour échanger sur la menace terroriste qui n’épargne aucune zone.

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Dohouba, village frontalier, à environ 200 mètres du Libéria, a reçu la visite des autorités administratives et des Forces de Défense et de sécurité. C’était le Mardi, 27 juin 2023. A cette occasion, le Commissaire de police mixte du département de Zouan-Hounien, Didier Kra, du reste, président du comité d’organisation de la rencontre, sous l’égide du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, en liaison avec la direction générale de la police nationale de la Côte d’Ivoire, a égrené quelques maux qui minent en particulier les zones frontalières. En l’occurrence la région ouest de sa circonscription. Il s’agit selon le fin limier, du trafic de drogue, de la traite des humains, du blanchiment d’argent, des migrants illégaux, des produits contrefaisants, de la capture des espèces sauvages à but mercantile, de la criminalité transnationale organisée et du terrorisme dont la source de financement demeure sans nul doute l’orpaillage clandestin. Vu que, à en croire le Commissaire de police mixte, sa sphère d’intervention est réputée regorger des gisements aurifères. Qui attisent, par incidence, la convoitise. Comme le souligne l’officier des services de sécurité, les fléaux ci-dessus évoqués, transcendent les frontières nationales, linguistiques, culturelles, sociales et géographiques. Drainant à leurs passages des victimes et la débandade. Que faire face aux gangrènes, s’interroge-t-il.

 

Agir ensemble pour la sécurisation des frontières

 

Didier Kra exhorte la population de Dohouba et celles venues des contrées voisines, habitant le long de la frontière, à rompre avec la vision selon laquelle la sécurité est l’affaire exclusive des FDS. En effet, dit-il, après la crise de 2010, le gouvernement ivoirien a mis en place la doctrine de la police de proximité. «  La police et les populations sont désormais des partenaires dans la gestion de la sécurité. Il leur appartient de fournir absolument et en temps réel, les informations et les renseignements aux Forces de Défense et de sécurité, qui doivent en retour, vous protéger en utilisant les moyens et les outils stratégiques que l’Etat amis à leur disposition. Ceci dit, à quelque niveau où l’on se trouve : agriculteurs, fonctionnaires, élèves et étudiants, journalistes, société civile, tous se doivent d’être des acteurs et non des spectateurs en ce qui concerne la chose sécuritaire ». Ainsi est expliqué le concept de « agir ensemble pour la sécurisation des frontières ». Les lanternes étant éclairées, il y a donc lieu, concrètement, de dénoncer les pratiques d’orpaillage clandestin, le trafic d’armes à feu, le marché noir des ressources naturelles, observés dans les villages ou tout au long de la frontière, fut-il l’œuvre d’un riverain influent ou lambda. Qui utilise les voies de contournement pour traverser la frontière. A la suite du Commissaire Kra, le sous-préfet de Bin-Houyé apporte sa note de sensibilisation.

Modes opératoires des organisations criminelles : attirer avec le miel

 

S’adressant à la population, la haute autorité de la sous-préfecture de Bin-Houyé, a révélé comment la criminalité transnationale organisée s’effectue. Selon lui, des individus apparaissent dans les villages et proposent de réhabiliter les puits ou de réaliser les travaux de forage pour l’adduction d’eau potable. Ces personnes sorties de nulle part, n’hésitent pas à financer les activités génératrices de revenus ou même à réaliser, sur fonds propre, des ouvrages de développement ou scolaires, à apporter des aides diverses. Pendant ce temps, ayant gagné la confiance des populations, commencent-elles le recrutement des fils et filles des villages, à qui ces inconnus ont pris le soin de faire miroiter un lendemain meilleur. Le processus de lavage de cerveau est de cette manière enclenché. De ce qui précède, le sous-Préfet de Bin-Houyé recommande de signaler aux autorités compétentes, ces entrepreneurs suspects, afin que des mesures soient vite prises pour vérifier la provenance de leurs avoirs impressionnants. Le Commandant, poursuivant son discours, a appelé à la bonne collaboration des deux exécutifs voisins : Abidjan et Monrovia, pour lutter efficacement contre les mouvements répréhensibles à la frontière.

 

Infrastructures de sécurité en perspective

 

L’homme fort de Bin-Houyé n’a pas mâché ses mots pour dénoncer en public, la fuite des matières premières par la frontière ivoiro-libérienne. Nos produits de rente ont trouvé un  chemin, par des voies de contournement, pour se retrouver dans des Ports de transit autres que ceux de San-pedro et d’Abidjan, en complicité avec des Ivoiriens vivant dans les localités frontalières. Le faisant, vous empêchez l’Etat de Côte d’Ivoire de disposer d’assez de recettes financières pour entreprendre les projets de développement, semble -t-il prévenir l’assistance. C’est pourquoi, tenant compte des enjeux sur le fleuve Neyon, qui sert de délimitation naturelle, de part et d’autre, de la Côte d’Ivoire et du Libéria, il est prévu la construction d’un poste de police frontalier à Dohouba. De même qu’une caserne de gendarmes à Bin-Houyé » a annoncé le sous-préfet. D’ailleurs, il a présenté à la foule le tout premier Commandant de brigade en poste récemment dans sa circonscription, l’adjudant-chef, Yao Marcelin. Un accent particulier a été aussi mis sur l’utilisation de produits très toxiques dans l’exploitation de l’or. Notamment le Mercure et le Cyanure. Dans les échanges, les chefs de village venus à la journée de sensibilisation sur la menace terroriste, ont promis de transmettre le message à leurs sujets pour une franche collaboration avec les Forces de Défense et de Sécurité pour une meilleure protection de la frontière dans le département de Zouan-Hounien.

 

Kpess Kasa Kibaru 

Correspondant régional

 

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