Sietta 2018 : La consommation locale de l’anacarde, l’enjeu majeur

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Et de trois pour le Salon International des Equipements et des Technologies de Transformation de l’Anacarde, Sietta. Du 8 au 10 novembre 2018, le Palais de la Culture de Treichville, Abidjan, Côte d’Ivoire, était en attraction. Les acteurs du secteur du cajou s’y sont donné rendez-vous pendant trois jours pour réfléchir sur le thème : « transformation de l’anacarde, une mine d’opportunités pour l’autonomisation de la jeunesse africaine ». Venues d’Afrique, d’Europe et d’Asie, 37 nationalités y compris la Côte d’Ivoire, ont présenté au grand public, leurs connaissances, savoir-faire, contraintes et attentes liés à la production, la transformation et la consommation des produits dérivés de la pomme et de l’amande de cajou. Comme constaté sur les stands aménagés pour la circonstance. L’anacarde entre dans la fabrication de plusieurs mets et articles. De la cosmétique en passant par la pâtisserie et le glacier, pour aboutir à la limonade, le vin et la liqueur, les artisans du secteur rivalisent en créativité.

Les équipementiers de leur côté, ne tarissent pas d’ingéniosité. Des machines de haute technologie sont disponibles en Côte d’Ivoire. A l’entendre, Amara Sissoko, Enseignant-chercheur à l’Institut National Polytechnique Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, par ailleurs exposant, son institut peut installer des usines clé en main à la demande du manufacturier. La transformation donc de l’anacarde est irréversible puisque le matériel technique et technologique existe. Le gouvernement ivoirien peut s’en réjouir, lui qui ambitionne de parvenir à la transformation sur place de 50% de sa production de cajou. Selon Souleymane Diarrassouba, ministre du Commerce et de la Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (PME), parrain du Sietta 2018, grâce aux efforts du gouvernement et des paysans, la production a atteint 711.236 tonnes en 2017, faisant de la Côte d’Ivoire, le premier producteur mondial de la noix de cajou.

Cependant, peut-on regretter, contrairement à l’ambition des pays producteurs d’apporter une plus-value au sésame d’avenir, la quasi-totalité du tonnage sus-visé est exportée vers l’Inde, le Vietnam et le Brésil pour ne citer que les principales destinations.

L’enjeu reste  sans ambages la consommation locale. Une chose est de transformer l’anacarde en plusieurs produits dérivés, une autre est d’en consommer. Or s’agissant de la consommation, l’anacarde ne fait pas partie de la culture culinaire des Africains, déplore Ali Sylla, chef de la délégation de la Guinée-Conakry. A sa suite, les émissaires du Burkina Faso, du Mali, du Ghana, du Nigeria, expriment unanimement la même préoccupation. Le panéliste, Charles Muigai, venu du Kenya, a bâti tout sa thèse autour de la problématique de la consommation par les Africains de l’anacarde. Pour lui, les populations africaines doivent s’approprier toute la chaîne de valeur du cajou, allant de la production à la transformation pour ravitailler les ménages. C’est à cette condition, se convainquent les participants au Sietta 2018, que l’anacarde pourrait devenir la mine d’opportunités pour la jeunesse africaine. Sur ce, le Bénin fait des prouesses. Au dire du président de l’interprofession Anacarde Bénin, Ateni Achadé, la population commence à prendre goût aux produits du cajou. Les recherches se poursuivent dans le secteur, assure-t-il. Du reste, le pays de Patrice Talon, a remporté les Prix du meilleur stand et de la meilleure représentation. Une forte communauté béninoise a exposé son savoir-faire avec l’anacarde.

Un secteur également riche en emplois. Les chômeurs, les diplômés en quête de travail, peuvent se reconvertir, dans le domaine du cajou, en pépiniéristes, tronçonneurs, consultants, transporteur-logisticiens. La liste des métiers relatifs à la pomme et l’amande de cajou est longue, fait savoir Comcashew, une organisation allemande qui s’intéresse à l’anacarde. Plus de 500 mille jeunes depuis 2009, dit-elle, ont été formés à la profession du cajou. Une alternative pour retenir les jeunes, candidats à l’immigration clandestine.

Le Sietta 2018 a clos ses portes le samedi, 10 novembre 2018. En attendant l’édition prochaine en 2020, les conclusions du présent forum conduiront les organisateurs  à se pencher sur les stratégies de vulgarisation et de consommation locale des produits finis issus de l’anacarde.

Kpess Kasa Kibabu

 

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