Réconciliation, cas Soro, ses relations avec Bédié et Laurent Gbagbo, 2025… : Alassane Ouattara passe tout au peigne fin

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Dans une longue interview accordée à Jeune Afrique (parution du lundi 27 septembre) , le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a abordé plusieurs sujets d’intérêt national. Il est revenu sur l’éventualité d’une rencontre avec ses deux prédécesseurs, ses adversaires politiques Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo  » Je considère qu’en ce qui concerne les trois grands leaders politiques de ce pays, comme les gens disent – et si je suis inclus dans ce trio –, les choses se passent bien », a déclaré le chef de l’Etat.

 

Et M. Ouattara de préciser que « Nous devons d’ailleurs nous voir dans un avenir proche afin d’échanger sur les défis que la Côte d’Ivoire se doit de relever. »

 

À propos de la réconciliation, le président ivoirien affirme,  » C’est en tout cas mon souhait et nous faisons tout pour y parvenir.  »

 

Alassane Ouattara n’a pas éclipsé la question de la limitation d’âge des candidats à la présidentielle à 75 ans, comme condition d’éligibilité évoquée par un député indépendant qui fait débat ces semaines en Côte d’Ivoire, et qui pourrait viser Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. À cette  question  fait cas donc du renouvellement de la classe politique ivoirienne, Alassane Ouattara fait savoir que  » c’est un débat qui ne me gêne pas. Il appartiendra au Parlement d’approuver ou de refuser la proposition ». « La question, ce n’est pas Ouattara, Bédié ou Gbagbo. La constitution doit être impersonnelle »,a-t-il souligné. Mais quoi qu’il advienne, avant de passer la main à une « nouvelle génération », la rencontre annoncée entre ces trois leaders politiques pourrait bien tracer de nouveaux sillons pour une Côte d’Ivoire en quête de véritable réconciliation nationale.

 

 

Après la sanglante crise postélectorale de 2010-2011, les Ivoiriens portent encore les stigmates, physiques et moraux, des affres de cette guerre. Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo étaient alors les trois acteurs majeurs de cette crise, qui a causé 3 000 morts, selon le bilan officiel. Plus d’une décennie après, les ivoiriens attendent que les trois grands leaders de la scène politique nationale parlent d’un même langage avec en point de mire la réconciliation et si éventuellement leur retrait de la vie politique.

 

Après le scrutin présidentiel mouvementé d’octobre 2020, le  11 novembre 2020, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se sont rencontrés pour, disent-ils « briser le mur de glace » qui les séparait. Le 27 juillet, c’est-à-dire un mois dix jours après son retour en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a été reçu en audience par le Président Ouattara à la présidence ivoirienne. Au cours de cette rencontre, le chef d’État ivoirien et son prédécesseur ont évoqué la possibilité d’organiser une rencontre tripartite, Ouattara – Bédié – Gbagbo, en vue de tourner définitivement la page d’une adversité qui dure près de trois décennies.

 

En tout en ce qui concerne l’ex-prisonnier de La Haye, Laurent Gbagbo, le président ivoirien a affirmé qu’il était évident qu’après son procès à la Cour pénale internationale, celui-ci rentre en Côte d’Ivoire.  » Nous avons organisé son retour, les choses se sont bien passées et nous nous sommes rencontrés. C’était un entretien fraternel et amical. Laurent Gbagbo est un acteur majeur de la vie politique de notre pays mais aussi un ancien président. J’ai donc donné des instructions pour qu’il reçoive tous les avantages et toutes les considérations dues à son rang », a-t-il déclaré. Et d’ajouter » Nous avons désormais de bonnes relations, des relations normales, et nous échangeons souvent au téléphone ».

 

Du président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, Henri Konan Bédié, Ouattara dira, « c’est la même chose. Je l’ai eu récemment au téléphone, à l’occasion d’un deuil qui a frappé sa famille ».

 

Dans cette interview, Alassane Ouattara a évoqué le cas de l’ancien président de l’Assemblée nationale en exil, Soro Guillaume. Selon M. Ouattara, Soro Guillaume peut rentrer en Côte d’Ivoire, mais sans oublier qu’il doit faire face à la justice nationale qui l’a condamné à perpétuité, notamment.  » Je n’ai rien à dire de particulier sur le cas de Guillaume Soro. Ce dossier n’est pas à mon niveau, mais entre les mains de la justice. Les faits qui lui sont reprochés sont d’une extrême gravité et il a été l’objet d’une condamnation à perpétuité, mais il peut évidemment rentrer et faire face à la justice », a-t-il coupé court.

 

 

 

 

En ce qui concerne ses ambitions pour la présidentielle de 2025, Alassane Ouattara s’est voulu très clair : « J’ai été réélu il y a moins d’un an. Ma préoccupation immédiate, c’est de travailler au service de mes compatriotes. Pour 2025, je prendrai la décision appropriée le moment venu. Cela dit, ma position est connue, puisque je l’avais exprimée en mars 2020… ».

 

Revenant sur la dernière présidentielle, le chef de l’Etat a dit être profondément choqué et gardé un goût amer des événements qui en ont résulté. A ses dires, l’élection a été entachée de graves incidents après que certains « responsables » de l’opposition ont appelé à la désobéissance civile et tenté de faire prospérer l’idée d’une transition qui n’aurait eu ni base légale ni légitimité. « Ces personnes savaient pertinemment que j’étais éligible à un nouveau mandat et que j’avais initialement décidé de me retirer. Cette malhonnêteté intellectuelle m’a profondément déçu. Comment de hauts responsables, dont certains ont géré la Côte d’Ivoire, peuvent-ils décider d’organiser le boycott des élections et appeler à des actions qui ont conduit à des violences et à des morts ? Une commission d’enquête a été mise en place. Les résultats seront rendus publics et des sanctions seront prises… » a-t-il argumenté.

 

Par ailleurs, il s’est réjoui de la sortie du pays d’un cycle électoral complet, avec la présidentielle d’octobre 2020 et les législatives de mars 2021, auxquelles l’opposition a pris part.

 

Notons que c’est la toute première interview qu’accorde le président ivoirien, près d’un an après sa réélection à tête de la Côte d’Ivoire, en octobre 2020 .

 

Il a évoqué plusieurs autres sujets, le terrorisme, la restructuration de son parti politique.

 TN

 

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