Mévente de l’hévéa/ Wadjas Assouan Honest (ex-président des planteurs d’hévéa de Côte d’Ivoire) : « L’Etat a un rôle important à jouer »

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Les planteurs se plaignent de la mévente de leur produit et du fait qu’ils sont à la merci d’acheteurs « véreux »…

C’est su de tous. On essaie de trouver des solutions, mais on se heurte à des zones d’ombres. C’est difficile à régler.

Qui de l’Etat, des planteurs et des usiniers est responsable de ces zones d’ombres, de la désorganisation de la filière hévéa ?

C’est tout le monde

Soyez plus explicite…

C’est tout un phénomène. On ne peut pas accuser quelqu’un. Le planteur lui-même vit au quotidien avec son activité et se laisse des fois aller à des facilités.

Lesquelles ?

Il y a des délais de vente. Quand tu récoltes ton caoutchouc, tu dois le sécher pendant un mois. Là il n’y a pas d’eau, ni de saletés.  Dans ces conditions, tu es sûr de le vendre à l’usine. Qui a un délai pour te payer. Si ce délai n’est pas respecté, c’est l’association des planteurs qui doit s’en saisir. Pour entrer en négociation avec l’association des usiniers. Si le planteur n’est pas patient pour observer le délai d’un mois de séchage, il livre au plus offrant.

Comment expliquez-vous le fait que des planteurs n’arrivent-même plus à vendre à l’usine après avoir passé le cap de la qualité, puisqu’ils vendaient déjà à l’usine, alors que des camions-remorques déchargent régulièrement des produits ?

C’est un phénomène qui est largement connu. On est dans un pays capitaliste. Il y a des gens qui font de la spéculation à tous les niveaux.

Vous faites quoi pour y mettre fin ? Etes-vous impuissants ?

On n’est pas impuissant.  On sensibilise au maximum les planteurs.  Il faut qu’il prenne conscience de leur importance dans la chaine de production. Il ne faut pas qu’il brade leur « position » dans la chaine. Puisque ce sont eux qui produisent la matière première. Ne pas permettre aux gens d’acheter le produit à des prix dérisoires.  Mais le coût social est tel qu’ils sont éprouvés. Il faut payer le loyer si tu en paies un, il faut s’occuper de la famille, il y a la rentrée des classes…Toutes ces choses font qu’ils sont contraints d’aller vers ces spéculateurs. C’est ça qui est le drame. L’Etat a un rôle important à jouer.

Le même Etat est pointé du doigt comme étant une partie du problème, car il lui est reproché de soumettre les usiniers à des taxes trop élevées, si bien que ceux-ci, pour maximiser leur profit, désorganise la filière, directement ou indirectement, via des personnes liges. Que répondez-vous ?

Il fut un moment où les taxes gênaient. Mais l’Etat a fait des efforts. Après des discussions, les taxes ont été revues à la baisse.  Je pense que le problème de caoutchouc en Côte d’Ivoire, ce ne sont pas les taxes, c’est la spéculation.

Les problèmes sont réels. Que proposez-vous pour mettre fin au cauchemar des planteurs ?

On essaie de mobiliser des voies. L’une des voies, c’est de permettre d’exporter l’excédent de production aux industriels qui sont dans des zones où il n’y a pas assez de production.  L’arbitrage de l’Etat entre les banques et les industriels pour pouvoir « ramasser » les produits est aussi important. Si rien n’est fait à ce niveau, la filière risque de prendre un coup.

Propos recueillis par Tché Bi Tché

tbt552@yahoo.fr

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