Foot : Le président de la Fédé ivoirienne bientôt devant les tribunaux

0 770

« Le mardi 20 mars 2018, la FIFA représentée, notamment, par deux responsables du Département Associations Membres et Développement de la zone Afrique et Caraïbes et un responsable du département chargé de la gouvernance politique des associations membres, a organisé, séparément, des réunions de « conciliation » entre les deux parties à la crise qui secoue actuellement la Fédération Ivoirienne de Football. Après lesdites réunions, malgré deux e-mails de relance que j’ai adressés, en vain, à la FIFA, à la demande de mes clients, nous sommes toujours dans l’attente d’une notification écrite des conclusions officielles de cette procédure de conciliation. C’est pourquoi, dans le souci de mettre un terme à toute polémique tendancieuse concernant les suites de ladite procédure de conciliation et surtout dans le but d’éclairer l’opinion, mes clients m’ont instruit de vous présenter objectivement le déroulement de la journée du 20 mars à la FIFA, telle que je l’ai vécue avec eux.

Mais avant d’y parvenir, je me permets de souligner que de mémoire d’Ivoirien, c’est la première fois qu’une crise entre membres de la FIF est ainsi traitée par devant la FIFA.

Cela souligne la gravité de la situation, qui doit être appréhendée avec la plus grande responsabilité, dans l’intérêt bien compris du football ivoirien.

Le 20 mars 2018, conformément au programme qui nous a été transmis la veille (dont je vous tiens une copie) notre délégation qui comprenait Me Roger Ouégnin, Armand Gohourou Gnahoré et moi-même, a été reçue après celle du Comité Exécutif de la FIF. Les échanges avec notre délégation ont, entre autres, porté sur ce qui suit :

  1. D’abord, les représentants de la FIFA, après nous avoir entretenu de leur opinion de l’article 36 des statuts de la FIF, ont estimé que la rétractation de certains membres du groupe des 42 à l’origine de la demande d’Assemblée Générale Extraordinaire en date du 29 décembre 2017 a eu pour effet de rendre impropre ladite demande à convoquer la tenue d´une Assemblée Générale Extraordinaire en l’espèce. Évidemment, ce point a été discuté par les membres de notre délégation qui ont fait savoir aux officiels de la FIFA que nous n’avions pas du tout la même lecture qu’eux de l’article 36 des statuts de la FIF. Mieux, mes clients ont présenté la preuve qu’à ce jour, plus de 42 membres actifs de la FIF exigeaient la tenue de l’Assemblée Générale querellée. De sorte que, même en tenant compte des rétractations invoquées, la condition du nombre de demandeurs (50%+1) posée par l’article 36 des statuts de la FIF était toujours réunie.
    En réponse, les officiels de la FIFA ont tout de même reconnu qu’ils n’avaient pas l’autorité pour juger de la validité ou non de la requête en date du 29 décembre 2018 du G42. Toutefois, pour éviter toutes contestations éventuelles ultérieures, ils conseillaient de reprendre, le cas échéant, une nouvelle demande d’Assemblée Générale Extraordinaire devant le Comité Exécutif de la FIF sur la base des adhésions nouvelles.
  2. La seconde partie des échanges avec la FIFA a porté sur les griefs sur lesquels repose la demande de l’Assemblée Générale Extraordinaire de mes clients. Mes clients ont dressé un état des lieux du football ivoirien et pointé du doigt, entre autres, la mauvaise gouvernance de ses dirigeants actuels. Devant le nombre des documents accablants qui ont été produits, les officiels de la FIFA ont fait appel en cours de séance à un responsable de la Division Audit Interne de la FIFA. Après un examen sommaire des documents financiers produits, des échanges s’en sont suivis sur les suites à donner par la FIFA quant aux informations accablantes qui ressortent desdits documents, notamment en ce qui concerne la conduite d’un Audit indépendant des comptes de la FIF. Les membres de la FIFA ont alors demandé qu’il leur soit accordé un délai raisonnable pour bien étudier lesdits documents, qui à première vue, font peser de graves soupçons de mauvaise gestion et même de malversations sur les dirigeants actuels de la FIF. Si leurs premières impressions se confirmaient, alors un audit des comptes de la FIF sera ordonné. Ce processus une fois déclenché devrait durer environ huit (08) semaines, en tenant compte de l’appel d’offre pour recruter un cabinet international. Là-dessus, les membres de la FIFA ont demandé au GX de leur faire confiance. Cette question sera traitée conformément à l’engagement de la FIFA en matière de bonne Gouvernance et de lutte contre la corruption. C’est sur ces notes qu’a pris fin, après environ quatre heures, la séance de travail de mes clients avec les membres de la FIFA.
  3. A l’issue de ces réunions, les deux délégations ont été réunies pour une séance de restitution. En à peine cinq minutes d’horloge, Monsieur Veron a expliqué que son Département a conclu à l’échec des discussions, tant les positions sont parues inconciliables selon lui.
    Il a alors exhorté les parties à continuer d’inscrire toutes leurs actions dans le respect des règles de la FIF et de la FIFA, en privilégiant l’intérêt supérieur du football ivoirien. Sur la question de l’Audit des comptes de la FIF, il a indiqué qu’elle sera traitée avec diligence. Telle est l’économie de ce qui s’est passée à Zurich. Pour la suite, j’entends me retrouver avec mes clients pour décider des actions futurs, notamment de l’organisation de l’Assemblée Générale Extraordinaire qui demeure leur priorité.

De même, j’envisagerai avec eux les suites judiciaires à donner, au plan local, aux graves informations financières qui jusque-là leur avaient été dissimulées.

 

Me Souleymane DIALLO
Avocat à la Cour

Lien chic :

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

huit + quatorze =

WP2Social Auto Publish Powered By : XYZScripts.com