EDITO : Tariq Ramadan, un islamiste modéré dans la moulinette impérialiste

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Les nerfs à fleur de peau, Tariq Ramadan craque et lâche à ses juges, prêts à lancer sur lui « la guillotine judiciaire », « J’ai une dernière remarque et après je répondrai à vos questions. Je suis scandalisé par la manière dont cette instruction est menée. A partir d’aujourd’hui, je demanderai à mon conseil de la manière la plus claire, de façon institutionnelle et médiatique, de dénoncer toutes les atteintes à mes droits. Le code de déontologie vous impose l’impartialité». Ah le pauvre ! De bonne foi ou innocemment, il croit encore à l’Etat, au sens où Rousseau l’entend, aux Institutions de la France, héritière de la démocratie et des Droits de l’Homme. Et à sa presse, dont l’une des missions premières est d’être du coté du peuple, de porter la voix des sans voix. En effet, Tariq Ramadan a été mis, à nouveau, en examen, jeudi 13 février 2020, pour le viol de deux femmes. Mais lui a évoqué des relations consenties et dénoncé la partialité des juges. N’étant pas au fait de l’instruction, il nous est difficile de faire un quelconque commentaire sur le fond du dossier.  Mais lorsqu’on gratte le vernis de cette affaire et que l’on décode le sang d’encre du théologien, on peut déduire qu’il a le net sentiment d’être pris dans les serres d’une justice dont le tambour est battu dans un seul sens, à charge. De quoi lui faire perdre un tant soit peu la foi : « Je veux que ce que je dis en introduction soit acté, j’ai mal à la tête. Vous allez m’écouter. Ça fait quinze mois que je veux vous voir. Ce n’est pas vous qui voulez me voir, c’est moi qui veux être interrogé. » Entendons-nous bien. Il n’est nullement dans notre démarche d’absoudre Tariq Ramadan de ce dont on l’accuse. Car si tant est qu’il a abusé de sa position sociale, de son ex-qualité d’enseignant de théologie à l’Université britannique d’Oxford ou de quelque privilège que ce soit pour soumettre ces femmes à ses instincts grégaires et à ses pulsions, il devra en assumer toutes les conséquences. Et, si les faits sont établis, de notre point de vue, il ne mérite aucune clémence. Mais le fait que la caste médiatique française essaie incontestablement de le broyer interroge. Pourquoi les sycophantes de la presse s’acharnent-ils contre l’un des modérés de l’islamisme ? N’est-ce pas a priori ce qu’ils veulent ? On se perd en conjecture. A y voir de près, le « sextape » n’est pas l’unique raison de cette transe juridico-médiatique. Tariq Ramadan, aux yeux des amoureux de l’impérialisme, est un empêcheur de tourner en rond. Ses prêches et autres enseignements sur l’Islam, l’autre visage pacifique de la religion musulmane, en dehors de la propagande des fous de Dieu,  gênent  les officines « complotites »  dans leurs basses manœuvres de présenter l’islam comme  une religion dévoyée par des jihadistes qui la réduisent aux attentats. Ainsi, sous le fallacieux prétexte de croisade anti-jihadistes, ils pourront tranquillement siphonner le pétrole des pays musulmans. L’oncle Sam vous dira, on est aujourd’hui autosuffisant en pétrole pour masquer la forfaiture. Dans l’antichambre, il (Occident) arme les mêmes jihadistes, s’il ne les crée pas, pour les utiliser comme « armes » de déstabilisations dans leur politique extérieure. En retour, les usines d’armements de l’hémisphère Nord tournent à plein régime, alimentant les monarchies du Golf et autres pays musulmans déstabilisés.  La vérité sur les ennuis judiciaires de Tariq Ramadan n’est pas seulement  dans la volonté de rendre à ces femmes leur dignité perdue.  Si tel est vraiment le cas, pourquoi la France officielle s’est-elle démenée pour enterrer la pétition appelant  à la démission  du ministreGérald Darmanin accusé de viol en 2018, quasiment dans la même période où les mêmes faits sont reprochés à Tariq Ramadan ? Parlementaires, Matignon, membres du Gouvernement et Politiques avaient volé à son secours. Comme si la morale qui repousse le viol est à géométrie variable. On l’aura compris, il y allait de l’image de la Grande France. En somme, des raisons d’Etat. Il ne restera pas dans les annales de l’Histoire qu’un ministre français est parti du gouvernement pour fait de viol. Ce n’est pas hygiénique. La justice qui est restée, à cette période, amorphe trouve dans le dossier Tariq un surcroit de « virilité ». Et fait feu de tout bois. Du « deux poids, deux mesures » aux teintes islamophobes. Mais surtout, à des fins impérialistes.

Tché Bi Tché

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