EDITO : Opposants ou lance-flammes de Ouattara ?

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Emmanuel Sieyès a beau plaider pour un minimum d’éthique et de bon sens, la politique continue d’être laide, un ilot d’hypocrisies et de sordides manipulations. Les acteurs n’ont qu’une seule idée dans la tête : le pouvoir à tout prix. Le peuple, leur raison d’être, devient le cadet des soucis. Ainsi, psalmodient-ils, le peuple n’a pas besoin de tout savoir, de savoir l’arrière plan de deals nauséeux, aux puanteurs de cupidité. Normal qu’ils soient friands des écrits de Joseph Staline, sous son versant cynique, de Nicolas Machiavel…Que servent-ils aujourd’hui, ces politiciens de midi, à l’aube de la présidentielle de 2020 ? Une Commission électorale dite indépendante taillée sur mesure. Dans laquelle figurent des personnes de peu de coffre éthique dont le sport favori est de papillonner de parti politique en groupement d’intérêt, détenteur de la soupe étatique  ou de confisquer traitreusement un instrument de lutte émancipatrice. Le but est connu : servir de lance-flammes à Ouattara. Le gourou de la Rue Lepic peut dès lors, et sans modération, « vider de sa substance l’opposition ». Dans cette amnésie collective, je vois encore les Ivoiriens  errer en brousse, fuyant les rebelles, pour sauver leur vie. Les miens n’ont pas échappé au triste épisode lorsque lesdits rebelles ont pris pied sur les rives du fleuve       Téné, à Oumé (Centre-Ouest). Etiqueté pro-Gbagbo, mon village où mes enfants avaient trouvé refuge a été la cible de ces  justiciers de 2011. Une nuit en brousse, à la merci de moustiques et autres reptiles venimeux.  Résultat d’une élection présidentielle bâclée, une CEI aux ordres d’une camarilla. Conséquence d’une crise post-électorale sans précédent dans l’histoire de l’Eburnie. Au lieu de tirer les leçons de ce drame qui a officiellement coûté la vie à 3000 personnes, essentiellement des innocents, l’on surfe à nouveau sur la ruse pour semer les graines du chaos. Je veux bien que le régime balaie du revers de la main les recommandations de Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, qui, dans son arrêt du 18 novembre 2016, lui faisait injonction de modifier substantiellement la CEI pour la rendre conforme à ses engagements internationaux. Mais alors, après la guerre, les Ivoiriens ne sont-ils pas capables d’introspection ? Ne sont-ils pas dotés de « surmoi », cette poche morale, que le philosophe Freud a enracinée dans  sa formule célèbre, « le ça (désir), le moi (satisfaction du désir) et le surmoi (compatibilité du désir avec la loi morale) » ? Il nous faut, le régime Ouattara avec, comparaitre devant le tribunal de nos consciences. Et dire, pour les Ivoiriens, on va retirer ces personnes bizarres, moitié-Rhdp-moitié-opposition, en un mot comme en mille, ces politiques de la CEI. Nous n’avons pas besoin d’un quelconque arrêt pour ce faire. Nous n’avons pas non plus besoin d’Ivoiriens, mus par des intérêts égoïstes, vont pousser à la faute, au suicide collectif. Ne nous leurrons pas. Les Ivoiriens sont aujourd’hui plus divisés qu’hier pour aborder cette échéance électorale capitale. Etre aveuglé par le pouvoir n’est pas une posture sage. Le ver est dans le fruit. L’air politique est chargé d’humidité. Évitons une autre aventure volcanique à la Côte d’Ivoire. C’est le moins que l’on puisse dire aux tenants du pouvoir.

Tché Bi Tché

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