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EDITO : la France dans le bourbier malien, chronique d’un déclin programmé

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Nous étions de ceux qui ont crié  haro sur le baudet,  sur l’attitude de la France vis-à-vis de Gbagbo dans la crise ivoirienne. Nous avions affirmé que la France se trompait de cible et de méthode. Au lieu d’analyser froidement l’expression de la politique voulue par Gbagbo, elle s’échinait à lui taper sur les doigts. Alors que le besoin d’indépendance de l’Afrique francophone couve comme un magma. Tout est une question de temps. Sa politique de recherche effrénée d’hommes liges pour veiller sur ses intérêts est une politique de courte vue. Nous avions caricaturé l’exemple de l’entreprise Orange. Elle n’a pas eu besoin de diplomatie armée de la France pour se tailler une bonne part du marché ivoirien. Surtout dans le domaine du mobile-money, où MTN la pionnière a du céder sa prière place. C’est dire que la France n’a pas besoin de déstabiliser les pays africains, encore moins de gardiennage de certains dirigeants  prêts à faire le sale boulot   pour voir rayonner ses entreprises. Il faut simplement travailler à rendre les entreprises compétitives. Nous indiquions que tôt ou tard le désir ardent d’indépendance des peuples africains infantilisés finira par exploser par un choc osmotique pour au mieux  consumer les intérêts de la France, au pire voir la France chassée de ces pays.  Ce n’est certes pas encore le cas, mais cela y ressemble fortement dans le dossier malien. Rebuffade, après rebuffade, la France perd du terrain. Malheureusement, elle cherche simplement à délocaliser ses forces au Niger. Au lieu de prendre des mesures fortes pour l’avenir la France prescrit de la Nivaquine contre un cancer : sa propension à vivre en sangsue aux dépens de ses ex-colonies. Qu’ont fait les présidents successifs de la citation de François Mitterand, leur prédécesseur, selon qui « la France n’a pas d’histoire au XXIe siècle sans l’Afrique ».  Le disant, c’était pour attirer leur attention afin de changer radicalement la politique africaine à l’Elysée. Une coopération et non un paternalisme. Un respect mutuel. La France peut-elle se permettre de lancer des missiles sur le palais turque, parce Erdogan n’a pas fait la volonté de Macron ?  Peut-on se lever un matin en France et fermer les banques commerciales où les Français ont leurs avoirs, sans les prévenir ? Impensable. Pourquoi ce qui est valable en France ne l’est pas dans les anciennes colonies françaises. Quelle est cette monnaie Cfa qu’on ne peut même pas échanger sur le sol de celui qui a juré en garantir la stabilité ? Et ces accords de défense qui frisent une prise d’otages ?  Voilà des sujets auxquelles la France doit vite apporter des réponses claires. Si ce poker-menteur doit encore durer, la France sera victime de ses propres turpitudes. Et la faute ne sera pas aux colonels maliens, mais à la France, et à elle seule.

Tché  Bi Tché

tbt552@yahoo.fr

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