EDITO : Dans le concert des vœux

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C’est quasiment devenu un culte. Au seuil de chaque nouvel an, politiques, religieux, hommes d’affaires, citoyen lambda, etc, forment des vœux. Aussi hypocrites que sincères.  Un rituel auquel nous allons sacrifier. Au moment la météo politique vire peu à peu à l’orage, mon premier vœu va à l’endroit de Guillaume Soro, ex-chef rebelle, qui a gravi, à la vitesse « éclair », tous les paliers de l’Administration. Son ambition pour le pallier suprême, le fauteuil présidentiel, quoique légitime, semble heurter les pré-requis dans la galaxie « ouattaradienne ».  Un torrent d’actes – mandat d’arrêt international, arrestations de proches, saisine de biens immobiliers, etc- se déchaine contre lui. Depuis la tanière du loup, que dis-je, de « Tiéni Gbanani », il appelle à la résistance version De Gaule. Passons sous silence la légèreté dans le traitement  d’un fait historique d’envergure que Soro veut noyer dans des querelles domestiques.  Et comme qui a bu, boira, qui a cornaqué une rébellion peut reprendre le maquis. C’est donc clair que le règlement du contentieux Ouattara et Soro se fera à la scarface, style hollywoodien. Malheureusement, il débordera le lit du Rdr pour engloutir les Ivoiriens. C’est uniquement pour les habitants ce pays que nous vous chargeons de dire à Soro de garder pour lui ses secrets de Polichinelle sur Ouattara. Le livre blanc d’Emmanuel Dioulo sur Houphouët-Boigny a fait pschitt. Il n’a jamais vu le jour malgré l’annonce en grandes pompes de son auteur…virtuel. Dites lui que son choix de s’émanciper de la tutelle de Ouattara est un choix personnel.  Conduire ce divorce avec tact peut éviter des effets collatéraux préjudiciables à la quiétude des Ivoiriens.

Mon second vœu va à Alassane Ouattara. On lui connait une rancune tenace. Mais dites lui que les effets de la crise de 2010 ne peuvent courir en 2020. Les militaires qu’il embastille dans l’enfer carcéral depuis 2011 n’ont fait qu’obéir aux ordres du politique. Noël Abéhi, Dogbo Blé, Vagba Faussignau, Séka Anselme dit Séka Séka…n’ont-ils pas assez payé ? Mon vœu, c’est que cette justice à double détente cesse pour ne pas constituer le ferment d’une autre crise, demain. Car demain juge toujours, dixit Prof Dédy Séri, socio-anthropologue ivoirien. Et demain jugera Ouattara pour s’être englué dans la vengeance, là où il parle de justice.

Mon 3e vœu et enfin, une fois n’est pas coutume, va à l’endroit du locataire de l’Elysée. Qui a réussi à dénouer les ficelles du « deal » honteux  scellé pendant la colonisation : la centralisation de nos réserves de changes au trésor français. En décidant de l’arrêt, puis de la fermeture du compte d’opération, Emmanuel Macron a fait preuve de courage politique. Certes, c’est sous les coups de boutoir de la jeunesse africaine et des élites du continent noir, y compris des alliés inespérés, comme l’ex-vice- président du Conseil italien, Luigi Di Maio et l’ancien ministre de l’intérieur, Mattéo Salvini, qui ont flingué la France sur la question du Fcfa, l’une des causes, selon eux, de l’immigration irrégulière, mais cette réforme « jupitérienne » est avant tout  le fruit d’une volonté politique.  Une telle réforme n’aurait jamais été possible sous un Nicolas Sarkozy qui admire l’Amérique des cow-boys et la France d’Angoulvant. « Moi j’appartiens à une génération qui n’est pas celle de la colonisation » décapite Macron la Françafrique. Vous me direz que la Françafrique est une hydre à plusieurs têtes. Comme l’ont été la ségrégation raciale aux Etats-Unis, l’apartheid en Afrique du Sud…Au cœur de la mise à mort de toutes ces situations déshumanisantes, a toujours existé un homme d’Etat providence qui a su faire bouger les lignes. Former le vœu que Macon conduise à terme sa messe de requiem du Fcfa n’est que réaliste. Car si à l’unanimité, les pays qui ont en partage le  Fcfa, décidaient de rompre le cordon ombilical colonial de cette monnaie, dans les textes, il fallait que les parlements l’approuvent à l’unanimité. Et le dernier parlement à le faire, c’est le parlement français. C’est dire que la France coloniale avait tout verrouillé.

Tché Bi Tché

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