Crash manqué de l’avion du président ghanéen : A-t-on voulu tuer Nana Akoufo Addo ?

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Quelques semaines après le décès de l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies, le Ghanéen Kofi Annan, l’Afrique est passé, dimanche dernier, tout près du drame de perdre une de ses grandes figures contemporaines, après l’éviction du crash de l’avion présidentiel ghanéen, le Falcon 900   qui transportait justement son illustre  passager, le président Nana Akufo Addo, du retour d’un bref séjour aux Etats-Unis où il participait à la 73e Assemblée Générale des Nations unies.

Selon le ministre de l’Information ghanéen, le ministre Oppong-Nkrumah qui a briefé la presse sur le sujet, « après environ 20 minutes de vol entre Washington et Accra, l’un des moteurs a développé un problème. Le pilote a informé les passagers, y compris le Président… Une décision a été prise pour atterrir à l’aéroport de Dulles à Washington, mais il leur a fallu environ une heure de vol pour consommer une partie du carburant qui était dans l’appareil ».

« Par la suite, précise-t-il, le vol a atterri en toute sécurité à l’aéroport de Dulles à Washington, et le président et sa délégation ont pris un vol commercial de South African Airways et sont arrivés à Accra à 8h 00 ».

Malgré le fait que le chef de l’Etat soit sorti sauf de ce qui apparait désormais comme un incident, mais qui aurait pu être un grave accident aérien aux conséquences énormes sur la vie du Ghana, des supputations ont vu le jour en Afrique, qui questionnent la véritable nature de ce qui s’est passé dans les airs aux Etats-Unis, quand on sait que le président Akufo Addo, sans être un anti-impérialiste bruyant, a campé depuis son accession au pouvoir, la posture de l’homme d’Etat africain sage qui sait subodorer les manies assimilatrices et condescendantes de l’occident cachées sous le couvert de l’aide à l’Afrique, et les dénoncer avec un style posé qui désarçonne ceux-là qui continuent de prendre les dirigeants africains pour des faire-valoir qu’ils peuvent trainer par les oreilles.

En décembre dernier, lors du passage du président français Emmanuel Macron au Ghana, il avait pris le contrepied de son homologue hexagonal lors d’une adresse mémorable qui l’a fait apparaitre comme le nouveau héraut de la dignité africaine, en faisant savoir au Numéro 1 français  que l’Afrique n’avait pas besoin d’un développement qui « dépende des décisions des contribuables européens » : «  Nous ne pouvons plus continuer à mener, dans nos pays, dans nos régions, une politique basée sur l’aide des Occidentaux, de l’Europe, de l’Union européenne ou de la France. Cela n’a pas marché, ça ne marche pas et ça ne marchera pas !  Il est de notre responsabilité de trouver des moyens pour développer nos nations par nous-mêmes. Ce n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, 60 ans après son indépendance, continue à définir son budget de l’éducation et de la santé sur la base des financements provenant du contribuable européen », avait-il martelé, refroidissant son homologue qui, quelques instants plus tôt, débordait d’effusions de « bons sentiments ».   Pour les tenants de cette thèse, une main criminelle tapie dans l’ombre pourrait avoir cherché à attenter  à la vie du lointain et non moins digne successeur de Kwame Krumah, père du Panafricanisme, quitte à faire y passer les membres de la délégation présidentielle.

A les en croire encore, l’attentat pourrait avoir été planifié avant même que le président entame son périple états-unien, dans la perspective justement de ce voyage, dans la mesure où ils comprennent mal que l’avion qui sortait à peine d’une opération de maintenance au cours de laquelle il a été complètement révisé subisse un tel coup quelques temps seulement après.

Des hypothèses que battent certes  en brèche des sources proches de la présidence ghanéenne pour qui  cet avion acheté il y a seulement 7 ans –quand le Fokker 28 alors utilisé par l’ancien président John Atta Mills a été décrété vieux et mis hors d’usage par l’administration présidentielle-, a déjà connu des problèmes similaires, l’obligeant à effectuer deux atterrissages d’urgence : d’abord en décembre 2010, sur une piste en Libye alors qu’il transportait ses passagers –dont l’ancien Vice-président John Mahama, le  footballeur  Abedi Pele et l’homme d’affaires Alhaji Asuma Banda.  Nos confrères de Koaci.com rapportent qu’une panne avait été détectée dans le moteur, et qu’«En mars 2015, des frottements entre les roues et la piste avaient été signalés au moment où le jet tentait de décoller à Malabo, en Guinée équatoriale. ».

En attendant qu’une enquête éventuelle puisse situer l’opinion sur ce qui s’est passé, on continue en Afrique à pousser un ouf de soulagement, en se disant plus de peur que de mal.

Mais pour que le président qui revient de loin affirme qu’il n’entendait pas changer d’avion, comme l’a révélé son ministre de la Communication lors de la conférence de presse post-incident dimanche, il faut que qu’il ait eu la conviction que l’avion se porte bien, mais a été victime d’une machination qu’il suffirait de prendre des mesures sécuritaires drastiques pour juguler ou éviter à l’avenir.

 

Ndam Njoya Nzoméné

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