Côte d’Ivoire-Anaky (pdt MFA, Opposition ivoirienne) à Ouattara : « Allez au bout de ce que vous avez commencé »

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Le Chef de l’Etat, le Président Alassane Ouattara, vient de délivrer un discours à la Nation, ce Jeudi 05 Mars 2020.

C’était à la Fondation Félix Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès.

Le Chef de l’Etat a certainement voulu réaliser un des plus grands moments évènementiels de son passage à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, et il y a lieu de lui concéder que l’objectif a été atteint.

Il y a eu du beau monde, du spectacle et de l’émotion.

Devant notre réceptif tv, une pensée simple et évidente nous a habité ; à savoir, pourquoi ne devrait-il pas s’installer dans les esprits et les actes des dirigeants politiques, en notre pays comme partout ailleurs en Afrique Noire, que tout chef d’Etat, dès l’entame de son second et dernier mandat tel que scellé par la Constitution de son pays, se doit déjà de créer ou concevoir le déroulé du grand spectacle de sa sortie de scène, en apothéose ?

Du coup, si nous revenons à l’évènement dans l’évènement, qui aura été l’annonce de la non candidature du Président Ouattara pour un troisième mandat,  

Chers compatriotes Ivoiriens, invitons-nous tous à réaliser et reconnaitre, en toute humilité, comment est encore long et ardu le chemin vers l’atteinte du niveau moyen de culture démocratique qui fait force un peu partout dans notre monde d’aujourd’hui.

En effet, comme toutes les forces qui portent le monde, la démocratie recule lorsqu’elle arrête d’avancer !  

Toute la Côte d’Ivoire, comme un seul homme, est donc reconnaissante au Président Ouattara de cette décision.

Et enjoignons à ceux qui célèbrent la disparition d’une ‘’contradiction principale ‘’ de savoir retenue garder !

Certes, Alassane Ouattara vient de libérer la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens du spectre de ce troisième mandat qu’il brandissait à tout bout de champ dans ses déclarations publiques.

Choisissons donc de positiver et de ne nous en tenir qu’à ce qui seul importe, à savoir la quête des Ivoiriens pour la justice et la paix.

Le peuple de Côte d’Ivoire devrait méditer et s’armer le moral en suivant Ouattara qui a enfin réalisé et assumé que l’ère des Chefs d’Etat inamovibles fiers timoniers aux commandes de leurs pays pour 15 ans, 20 ans, ou plus, est désormais révolue.

Nos braves populations doivent désormais se convaincre que, du moins pour les pays non encore puissances politiques, économiques ou militaires, une volonté collective universelle, aujourd’hui, arbitre entre ce qui peut être accepté et l’intolérable, au niveau de la gouvernance des états.

Aussi informelle et aux contours impalpables que puissante et autoritaire, cette volonté est en état de veille permanente. La promptitude avec laquelle elle a félicité Alassane Ouattara de sa décision de retrait est plus qu’éloquente et édifiante.

Il revient donc désormais à toute la Côte d’Ivoire, partis politiques, ONG et populations, dans tous les compartiments, à comprendre qu’il y a des endroits où la voix doit porter, et les messages se faire entendre.

Pourquoi continuer à laisser passivement, et comme résignés, l’expression publique au seul parti au pouvoir et à ses hérauts ?        La population doit parler, clamer et crier plus qu’eux, et sans discontinuer !

Si la rue peut poser problème, les espaces clos sont là, il n’y a pas d’interdit !

Que ceux qui ont félicité Ouattara pour sa déclaration soient amenés à féliciter autant, sinon plus, les Ivoiriens qui souffrent !

Nous allons donc poursuivre le rythme de notre célébration de la belle décision du Président Alassane Ouattara en l’invitant, dans la foulée, à dégager les élections à venir de deux épines qui ne pourront que provoquer refus populaire et explosion sociale.

Monsieur le Président, vous ne pouvez pas accepter, intellectuellement et de bonne foi, de faire préparer et tenir les élections par une instance, la CEI, qui, dans sa mouture présente, semble avoir été confectionnée de toutes pièces et sur mesure pour donner à votre parti, le RHDP, la victoire assurée dans les scrutins de son choix.

Toutes les flammes et auréoles que votre discours à la Nation du 5 Mars 2020 aura pu générer s’éteindront et périront net si, sept mois plus tard, la Côte d’Ivoire devait connaitre une situation de troubles et d’instabilité du fait des élections.

Cela ramènerait le grand moment d’histoire du 5 Mars 2020 en super numéro d’illusionniste de cirque, et il n’y aura même pas de filet pour épargner à notre pays une nouvelle crise.

A ce stade donc, ce n’est presque plus une doléance ou une prière qui vous est faite, Président Ouattara, c’est une adresse injonctive à l’homme, qui a opté pour la rupture, d’aller jusqu’au bout de ce qu’il a carrément et crânement engagé ce 5 Mars 2020.

Vous êtes attendu, tout le monde est à votre écoute Président Ouattara, il n’est encore pas trop tard.

Rappelez tout le monde autour de la table et pour qu’on accorde les pendules jusqu’à ce qu’il sorte la fumée blanche annonciatrice de cet organe indépendant du pouvoir exécutif, autonome, incluant toutes les parties et qui l’auront agréé, que de nombreux pays ont su imaginer et installer !

Renoncez à l’illusion que jeter des grains de maïs à tel ou tel parti politique ou ONG en lui concédant un strapontin à l’intérieur de votre système peut prospérer. Sans oublier que les commissions locales sont à reprendre totalement.  

Et toujours dans le souci de la défense et de l’illustration de l’image emblématique de ce chef d’Etat Ivoirien que le monde entier va certainement louer et proclamer, peut être convient-il enfin d’attirer votre attention sur un moment attendu avec angoisse par tous les Ivoiriens, celui de la publication du registre général des populations.

Les Ivoiriens y seront plus attentifs et vigilants que jamais, car ce sera le lieu pour eux de discerner et reconnaitre comment leur société a évolué, démographiquement, géographiquement, économiquement, comme socialement.

Mais, surtout, ils sauront, aujourd’hui en 2020, qui ils sont, combien ils sont, et combien de frères et sœurs de la sous-région et d’ailleurs ils ont accueilli.

Des exemples de l’histoire ancienne et dans les temps modernes ont démontré combien ce sujet peut se présenter sensible ou explosif dans une société ou un pays ; surtout dans la cocotte-minute ivoirienne ou bouillonnement tant d’émotions, de frustrations et de suspicions.

Président Ouattara, vous aurez forcément en souci que votre image aussi grandement magnifiée de ce 5 Mars 2020 ne se retrouve abhorrée par des troubles ou émeutes pouvant découler de la vaste entreprise de faux et de fraude sur la citoyenneté Ivoirienne qui serait en cours depuis des années.

Ce sujet était jusqu’à maintenant considéré comme tabou tant les réactions de votre administration étaient vives, à sa simple évocation. Mais il va forcément arriver le moment où le voile devra être levé.

Heureusement que là, également, il y a encore le temps d’injecter la sagesse en extirpant tous les plants de l’ivraie, seraient-ils déjà en apparence totalement enracinés.

Président Ouattara, veuillez continuer ce que vous avez si bien commencé pour la Côte d’Ivoire et ses populations.

Pour une option de sortie glorieuse ou pas, revenons à notre Créateur à tous qui, comme le disent les Ecritures, dans sa miséricorde, fait mettre devant chacun de nous deux récipients, l’un contenant de l’eau, et l’autre du feu.

Ensuite, il nous invite simplement, puisque nous sommes libres et créés à son image, à tendre la main vers ce que nous voulons.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Fait à Abidjan, le 10 mars 2020

Le Président du MFA

KOBENA. I. ANAKY

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