Corruption en milieu hospitalier : La Jeune Chambre Internationale Elite étale le mal

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Le ton est donné, dur, dès l’entame de la conférence portant sur le thème : « rompons la chaîne de corruption dans nos centres hospitaliers ». C’était le vendredi, 24 août 2018, à l’Institut National des Agents de Santé, INFAS. A l’école de base du Centre Hospitalier Universitaire de Treichville. Monsieur Diawara, représentant du président de la Jeune Chambre Internationale Elite, JCI Elite, initiatrice de la rencontre avec les étudiants de la première année dudit institut, fustigera le fléau qu’il qualifie d’alarmant en Côte d’Ivoire. Selon lui, malgré les réformes institutionnelles, les sensibilisations tous azimuts, la corruption dans les centres de santé en particulier, a encore la peau dure. Raison de plus d’engager les nouveaux apprenants à observer les bonnes pratiques du métier de la santé, renchérit Aka Florentine, membre du directoire de l’Ordre des Sages-Femmes. A sa suite, Kra Kouamé Constantin, conférencier du jour entre dans le vif du sujet. Comme il le dit, la santé est un droit à la vie. Malheureusement, regrette-t-il, le personnel soignant en fait fi pour des dessous de table. Un comportement peu honorable pour la corporation en charge du bien-être des malades. Sans ambages, l’émissaire de l’association Social Justice mettra à nu les actes de corruption  en cours dans les centres hospitaliers.  De son franc-parler teinté d’euphémisme, Kra Kouamé cite la perception par les agents de santé d’une somme d’argent ou d’un cadeau en contrepartie d’un service censé être gratuit. Gravissime, poursuit le conférencier, des employés dans les centres de santé se donnent d’autres rôles que leur sacerdoce. Les indélicats se muent en auxiliaires de pharmacie pour vendre en catimini des médicaments dont on ne sait où ils s’en procurent. Monsieur Kra va de révélation en révélation pour pointer du doigt des agents de santé qui, sans vergogne, détournent des médicaments et des intrants à leur profit. Comme si cela ne suffisait pas, des salariés des établissements hospitaliers, au dire de Kouamé Constantin, détournent des malades vers des cliniques privées. A y voir clair, un pan de voile est levé sur les complicités entre les praticiens privés et leurs suppôts tapis dans les centres de soins publics, pour fournir de la substance aux sanatoriums privés. Que de pratiques malsaines qui ternissent l’image du personnel de santé ! L’orateur s’en offusque et condamne pareillement la vente de place au patient le plus offrant au grand dam du démuni même si celui-ci, vu son état précaire, devait être traité le premier. Kra Kouamé n’en finit pas d’agacer  le personnel soignant. Il dénonce les discriminations fondées sur l’ethnie, la parenté, la religion ou toute autre proximité pour bénéficier des bonnes grâces d’un infirmier ou d’un médecin.  Sur ce tableau sombre de l’ambiance morose dans les centres hospitaliers, la JCI Elite écorche le gouvernement. Ainsi dit, pour elle, l’Etat de Côte d’Ivoire peine à doter les hôpitaux de personnel adéquat et en nombre suffisant. Une réalité qu’une auditrice, étudiante, a du mal à comprendre. Selon elle, une pléthore d’agents formés est encore sur le carreau pour que l’on parle de manque de ressources humaines. La vétusté des infrastructures de santé avec pour corollaire la non disponibilité de certains services ou le manque de médicaments de base ou spécifiques dans les pharmacies publiques expose la nonchalance de la tutelle tel que le dépeint la conférence sur la corruption en milieu hospitalier. Le patient donc, sous le poids de la souffrance, face à un longue file d’attente, est tenté de corrompre ou se laisse aller à des propositions peu orthodoxes si cela peut le tirer d’affaire, conclut le coach de Social Justice. A l’entendre, la corruption dans les centres de santé est néfaste et dévastatrice. Assurément, il en résulte le déclin du secteur public jugé prestigieux et discriminatoire. Alors, les malades se tournent vers l’automédication. Les tradi-praticiens sans licence se frottent les mains. Inutile de s’étonner de la hausse du taux de mortalité tandis que l’espérance de vie est en chute libre, déplore encore une fois le conférencier. Il faut agir.  Comme solution, il est préconisé l’intensification de la sensibilisation. Certes, mais le mercure monte du côté de l’Ordre des Sages-Femmes où le bâton fait place désormais aux flatteries. Soucieux de restaurer sa bonne image naguère associée à la maltraitante des femmes en couche, il ressort que  l’Ordre des Sages-Femmes a interpellé des dames soupçonnées de corruption.

Kpess Kasa Kibaru

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