Blocage à l’Université Felix Houphouët-Boigny : Le Synares prend position

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Le mercredi 03 octobre 2018, une note de la Vice-Présidence en charge des enseignements, de la pédagogie et de la vie universitaire de l’Université Félix Houphouët Boigny ordonne à mesdames et messieurs les Doyens d’UFR et Directeurs d’Instituts et Centres de recherche et d’Ecole, de faire émarger les enseignants non-grévistes en vue d’apprécier l’impact de la grève illimitée de la Coordination Nationale des Enseignants et Chercheurs (CNEC).

Face à cet outil de mesure à relent de chantage destiné à « peser » une organisation (l’expression étant à la mode ces temps-ci), le SYNARES livre ici son appréciation en trois (3) points comme ci-après : 1) les faits ; 2) l’analyse du SYNARES ; 3) la position du SYNARES.

  • Les faits

Pour rappel, depuis le mardi 18 septembre 2018, la CNEC a lancé un mouvement de grève à l’Université Félix Houphouët Boigny à l’effet d’obtenir le paiement intégral des heures complémentaires, mais surtout d’amener le Président de ladite université à revenir à l’application des modes de calcul de ces heures traditionnellement admis et auxquels il aurait dérogé d’autorité. Suite à cette situation, un conseil d’université en date du 21 septembre 2018, après délibération sur la question a arrêté le principe de la tenue d’un séminaire en vue de clarifier une fois pour toutes cette question récurrente des heures complémentaires.

De plus, le lundi 01 octobre 2018, la direction de l’Université Félix Houphouët Boigny, conduite par son Vice-Président en charge des enseignements, de la pédagogie et de la vie universitaire, a rencontré le SYNARES et l’UNESUR pour échanger sur cette situation de blocage consécutive à la grève de la CNEC. A l’issue de cette rencontre, les deux syndicats ont souhaité la mise en place d’une commission pour le règlement diligent de la situation et soutenu l’idée d’un séminaire sur la question des heures complémentaires. C’est dans cet intervalle qu’est intervenue la note sus référée, demandant aux enseignants non-grévistes d’émarger dans un registre ouvert à cet effet. Ces faits appellent l’analyse du SYNARES comme il suit.

  • L’analyse du SYNARES

Le SYNARES tient à informer l’ensemble de la communauté universitaire que depuis 2016, il est le promoteur d’une intersyndicale SYNARES-CNEC-UNESUR dont il a assuré le porte-parolat lors des négociations avec le gouvernement sur la revalorisation de la prime de recherche. Après une mise en veilleuse consécutive à la mobilisation de tous les syndicats du secteur public sur les questions de la retraite et des stocks d’arriérés de salaires dus aux fonctionnaires de Côte d’Ivoire, le SYNARES a relancé les activités de l’intersyndicale qui est déjà en négociation avec les services techniques de notre ministère de tutelle sur la question de nos conditions de vie.

C’est pourquoi, sans dénier à l’autorité son droit d’initiative et sans préjuger de la légitimité administrative d’une telle initiative, le SYNARES ne peut souscrire à une telle opération d’émargement au forceps. Le faire, reviendrait à saborder ses propres efforts pour amener l’ensemble des enseignants-chercheurs et chercheurs à parler d’une seule voix pour plus d’efficacité dans l’action syndicale au profit de nos mandants. Au demeurant, ce serait une erreur d’analyse d’interpréter de manière mécanique toute soustraction à cette opération d’émargement par un enseignant-chercheur comme la preuve de ce qu’il observe le mot d’ordre de grève.

En effet, les enseignements étant censés être semestrialisés, un enseignant-chercheur qui a fait ses obligations de service en termes de volume horaire annuel dû à l’Etat de Côte d’Ivoire peut très bien se trouver hors du pays. Un tel autre dont les enseignements ne sont programmés qu’au semestre à venir peut, lui aussi, avoir des raisons de ne pas être assidu sur l’espace universitaire, voire être hors d’Abidjan. Devra-t-on pour chaque cas de figure objectivement envisageable (et la liste des cas reste ouverte) fournir des justificatifs pour ne pas tomber sous le coup de la sanction que sous-entend l’opération d’émargement conjoncturel ? Aussi, au regard de ce qui précède, le SYNARES exprime-t-il sa position comme ci-après.

  • Position du SYNARES

-Le SYNARES invite l’ensemble de ses militants et au-delà tous les enseignants-chercheurs et chercheurs à s’abstenir d’émarger dans tout registre ouvert aux non-grévistes ;

-Le SYNARES demande aux autorités en général et à la conférence des Présidents et aux Présidents d’Universités en particulier de s’engager, sans réserve, sur la voie de discussions franches et sincères avec les enseignants-chercheurs et chercheurs afin de trouver ensemble, par le dialogue social et en pleine conscience des enjeux de la situation actuelle, une solution négociée au problème qui se pose. La paix dans les universités publiques est à ce prix.

Camarades militants, enseignants-chercheurs et chercheurs, nous devons parler et nous parlerons désormais d’une seule voix quoiqu’il en coûte. Il y va de l’intérêt de l’enseignement supérieur et de la recherche et, partant, de celui des enseignants-chercheurs et chercheurs de Côte d’Ivoire.

Salutations militantes.

Fait à Abidjan le 05/10/2018

Pour le BEN du SYNARES

Le Secrétaire Général par intérim

 

GLIN Léon

 

 

 

 

 

 

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