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Attentat de Bassam : Un accusé appelle à marquer « une minute de silence en mémoire des victimes »

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Ouvert mercredi, le procès de l’attentat terroriste de Bassam de 2016 s’est poursuivi jeudi au tribunal Criminel d’Abidjan Plateau.

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Pour ce second jour d’audience, il a été appelé à la barre un autre accusé, du nom de Kounta Sidi Mohamed.

Né en 1979, celui-ci se présente comme « un petit marabout qui se débrouille » à Abidjan.

De nationalité ivoirienne de par sa mère, Kounta Mohamed a sollicité dès l’entame de son interrogatoire, une minute de silence en mémoire des victimes et des morts de l’attentat du 13 mars 2016.

« Je demande une minute de silence pour les victimes et pour ceux qui sont morts », a-t-il dit, avant de se soumettre à l’interrogatoire au cours duquel l’accusé affirme avoir rencontré le présumé cerveau de l’attentat, « le dimanche 13 mars 2016, jour de l’attaque de 11heures à 14heures ».

Un acte salué par le procureur de la République, le magistrat Adou Richard qui estime que l’accusé est « conscient de la gravité des faits. Il est conscient qu’il y a pertes de vie dans cette attaque ».

 

« Peut-être j’ai des connaissances et des amis parmi les victimes. Je dis yako (expression de compassion) à la Côte d’Ivoire.

Je ne suis au courant de rien. Je ne veux pas que mon nom soit associé au djihadisme. C’est une honte pour moi et pour ma famille. Les djihadistes sont contre les marabouts, or je suis un marabout. Je demande pardon à la Cour, à la Côte d’Ivoire toute entière de laver mon image. Mon sort est entre les mains de la justice ivoirienne « , a ajouté de son côté, l’accusé.

 

Kounta Sidi Mohamed, très agité et parfois présentant des trous de mémoire, doublé d’une colère, ne manque pas de signaler au tribunal de « dire la vérité, la vérité relative aux faits qu’il a vécus ». Et d’ajouter qu’il « regrette d’avoir accueilli chez lui, Kounta Dallah, il ne m’a jamais dit qu’il venait tuer les gens. Il a causé beaucoup de torts aux innocents, à beaucoup de personnes. Je ne fais plus confiance à Kounta Dallah qui vient de causer des problèmes « . Puisque, a-t-il déclaré avoir accompagné Kounta Dallah à Bassam, « à la plage, pour se purifier » des mauvais sorts.

 

« Ma dernière rencontre avec Kounta Dallah remonte au 13 mars 2016, à 14heures où il est arrivé chez moi et nous nous sommes plus revus. Après ce dimanche, nous ne nous sommes plus appelés. Et j’ai eu l’information de l’attentat de Bassam, à 16 heures qu’après le départ de celui-ci de chez moi. Kounta est rentré au Mali, le même dimanche de l’attentat  » a indiqué l’accusé, précisant que « Kounta Dallah n’a jamais été son parent ». Il affirme l’avoir connu par le biais d’un intermédiaire qui l’a appelé depuis le Mali en 2016..

« Je ne le connaissais pas auparavant. Il m’a seulement dit qu’il est un marabout et qu’il est venu en Côte d’Ivoire rencontrer un de ses clients en provenance de l’Europe « , a-t-il souligné.

Une perquisition au domicile a permis de mettre la main sur des photos de l’accusé, certaines de lui et d’autres montrant des touaregs au bas desquelles des écrits en arabe.

Lors de l’interrogatoire, le ministère public a noté  » plusieurs affirmations contradictoires » . dans les dires de l’accusé, lequel soutient « dire que ce qu’il sait, sa vérité ». « Je n’aime pas les fausses accusations. Je dis les faits avec des réponses. Il n’y a plus eu d’échanges entre Kounta Dallah et moi, depuis qu’il est parti de la Côte d’Ivoire « , dira Kounta Sidi Mohamed, répondant aux questions du procureur qui voudrait comprendre le pourquoi des contradictions. « Soyons sérieux monsieur l’accusé, soyons sérieux dans ce que vous dites », a conseillé le procureur de la République à Kounta Sidi Mohamed qui affirme qu’il  » a fait l’école coranique, parlant l’arabe ».

 

« Nous avons un objectif commun, c’est la manifestation de la vérité », dira le conseil de l’accusé qui a dénoncé la procédure de la perquisition. Celle-ci étant faite « en l’absence du mis en cause ou en présence d’un membre de la famille ».

 

« Les faits qui sont poursuivis reposent sur des crimes atroces » , affirme le procureur de la République.

 

Le dimanche 13 mars 2016, trois jeunes assaillants ont remonté la plage de Grand-Bassam, une station balnéaire près d’Abidjan et très fréquentée par des étrangers. Par des tirs nourris, ils ont pris d’assaut plusieurs restaurants. Cette attaque avait été revendiquée par une branche sous régionale de Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

 

En janvier 2017, les soldats de la force française Barkhane au Mali avaient capturé un suspect-clé, répondant au nom de Mimi Ould Baba Ould Cheikh, considéré par les autorités ivoiriennes comme l’un des cerveaux de ladite attaque. Tout comme le bilan détaillé de cette attaque a fait état de dix-neuf (19) morts dont neuf (09) Ivoiriens, quatre (4) Français, un (01) Libanais, une Allemande, une (01) Macédoine, une (01) Malienne, une (01) Nigériane et une (01) personne non identifiée, ainsi que trente-trois (33) blessés.

 

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